[Interview] « Mon pays RDC dépense plus de 80 millions de dollars chaque année pour l’importation de la farine de blé » Nick Tshik’s

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Ohmyafrika vous propose désormais des interviews des jeunes entrepreneurs qui contribuent à l’émergence de l’Afrique subsaharienne.  Pour ce nouveau numéro, nous recevons le jeune entrepreneur Nick Tshik’s de la RDC.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre entreprise ? 

Diplômé en pédagogie générale et enseignant dans une école à Lubumbashi /RDC, je suis depuis quelques mois responsable de l’entreprise NTM œuvrant dans le secteur de l’agro-transformation.

En parallèle de ces activités, je fais aussi le packaging et la conception de logo pour certaines micro entreprises locales. Donc on peut dire que j’ai plusieurs casquettes.

Comment êtes-vous devenus entrepreneur ?

Depuis tout petit, j’ai toujours aimé innover, faire quelque chose de nouveau ou apporter une solution à un problème. En grandissant, je me suis rendu compte que la meilleure façon de régler ou d’apporter des solutions à un problème, c’est d’entreprendre. Et dans notre pays (RDC), les problèmes, il y en a tellement… C’est pourquoi je veux apporter ma pierre à l’édifice.

Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre dans ce domaine (agro-transformation) ?

Très bonne question. En effet, en 2020, j’ai été choqué de savoir que mon pays (qui est la RDC) dépense plus de 80 millions de dollars chaque année pour l’importation de la farine de blé. Et la crise sanitaire, la guerre (au sein des pays principalement producteurs de cette farine) n’ont fait qu’empirer la situation.

Et c’est face à ces constats amers que j’ai décidé d’entreprendre dans ce domaine (après plusieurs formations en agro-transformation) en mettant en place l’entreprise NTM qui propose une solution locale en transformant la patate douce, manioc, banane plantain, igname et soja en farines sans glutens ni additifs chimiques pouvant remplacer valablement (d’après mes recherches) la farines de blé.

Produits de NTM

Plus jeune, vous vous voyez devenir transformateur de la patate douce, de la banane plantain, de l’igname ou du manioc en farine ?

Pas vraiment. Plus jeune, je me voyais soit enseignant dans une école ou ingénieur informaticien. En vrai, j’étais un peu confus. C’est en grandissant que je vois les choses de plus en plus claires.

Quel est le plus grand défi que vous avez rencontré au début lorsque vous vous êtes lancés dans ce domaine ? Comment avez-vous pu le surmonter ?

Il y en a plusieurs. Mais pour en citer un, je dirai : comment trouver la matière première cultivée sans produits chimiques ? En effet, mon but est – avant tout – de proposer des produits bio à mes clients. Or, force est de constater que la plupart des cultivateurs dans notre pays utilisent malheureusement les produits chimiques pour la culture de leurs produits.  Cependant, j’essaie de pallier cette difficulté en entrant en contact directement avec les cultivateurs locaux.

Comment voyez-vous l’avenir de votre entreprise dans votre pays ?

Mon souhait avant tout est de contribuer à l’émergence de mon pays la RDC. Ainsi, dans les années à venir, j’espère que la NTN sera à la hauteur. Si tout va bien, NTM sera dans quelques années une grande entreprise qui sera un lieu où les cultivateurs locaux viendront déposer leurs récoltes sans craindre les pertes poste-récolte. Plus encore, je ferai tout mon possible pour que NTM devienne une référence en matière de tout ce qui est agro-transformation dans mon pays la RDC.

Pain à base des produits locaux

 

Selon vous, quels sont – dans les grandes lignes – les critères clés  qui font défaut en Afrique que les africains doivent maîtriser pour réussir la transformation locale de leurs produits ?

Pour moi, je dirai le sens d’innovation. Pour pouvoir transformer les produits locaux il faut être innovant. Il y a un point important aussi : avoir l’amour pour la consommation locale. Ce qui n’est pas vraiment le cas pour le moment. Chez nous, on a malheureusement tendance à préférer les produits qui viennent de l’extérieur que nos produits locaux. C’est dommage.

Pour finir, je dirai qu’il manque aussi des formations bien adaptées en agro-transformations dans nos pays africains.

De manière générale, quel conseil donneriez-vous à un jeune africain qui veut aussi se lancer dans la transformation locale ?

Entreprendre en RDC n’est pas une chose facile mais les résultats peuvent radicalement changer positivement votre vie. Ainsi, si vous avez l’envi, la passion de vous lancer dans l’entrepreneuriat (de façon générale) ou particulièrement dans la transformation locale, je vous encourage fortement. Vous avez fait le bon choix. Ça ne sera pas facile, mais avec de la détermination et de la persévérance, tout le monde peut atteindre son objectif.

Comment peut-on entrer en contact avec vous pour acheter vos produits ou pour juste échanger avec vous ? 

Je suis joignable au +243 97 48 2222 1. Vous pouvez aussi nous écrire sur notre adresse mail qui est ntm.contact1@gmail.com.

Pour ceux qui sont en RDC, nous sommes situés au 10 Quartier Golf-maisha Commune annexe ville de Lubumbashi.

Je serai ravi d’échanger avec vous.

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La publication a un commentaire

  1. Anonyme

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