Derrière chaque empire se cache une fondation faite de discipline, d’échecs surmontés et d’une soif inextinguible d’apprendre. Pour Jonas Daou, fondateur du Groupe Zener, le succès n’est pas un héritage passif, mais une construction méticuleuse commencée dès les bancs de l’école.
L’enfance : le berceau de la persévérance
Né en 1974, Jonas Daou grandit dans un Togo en pleine mutation. Fils de l’entrepreneur pionnier qui a lancé les prémices du gaz domestique au pays, Jonas baigne très tôt dans un univers de logistique et de défis techniques.
Pourtant, son enfance n’est pas celle d’un « enfant gâté ». Elle est marquée par l’observation du travail acharné de ses parents. C’est ici que se forge son caractère : une discrétion naturelle doublée d’une curiosité insatiable pour le fonctionnement des machines et des systèmes.
Le parcours académique : la forge de l’excellence
Études secondaires
Jonas Daou effectue son parcours scolaire au Togo avec une orientation claire vers les sciences exactes. Élève brillant et discipliné, il s’illustre par ses capacités d’analyse. En 1990 Il décroche son Baccalauréat série C (Mathématiques et Sciences Physiques), la voie royale et la plus exigeante, qui lui ouvre les portes des grandes écoles internationales.
Le cycle universitaire : 5 ans de haute technicité
Il s’envole pour la France la même année après l’obtention de son baccalauréat pour poursuivre ses études d’ingénieur. Il intègre des institutions de prestige où la rigueur est la seule règle :
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L’université : il suit un cursus de Génie Mécanique et Productique.
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Durée : un parcours sans faute de 5 ans (Bac+5) pour obtenir son diplôme d’ingénieur.
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Spécialisation : il se focalise sur les systèmes industriels et la gestion des flux, des compétences qui deviendront plus tard l’épine dorsale de son empire logistique.
Les échecs et les défis : l’école de la résilience
Aucune réussite n’est linéaire. Avant de devenir le héros que l’on connaît, Jonas Daou a dû faire face à des réalités brutales :
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Le choc culturel et académique : à son arrivée en Europe, la compétition est rude. Il doit s’adapter à une méthodologie différente et à un niveau d’exigence mondial.
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Les débuts professionnels : à son retour au Togo, l’adaptation du savoir théorique « à l’européenne » aux réalités du terrain africain (infrastructures limitées, lourdeurs administratives) constitue son premier véritable échec relatif. Ses premières idées de modernisation se heurtent parfois au conservatisme ambiant. Il apprend alors une leçon vitale : la patience stratégique.
La genèse : de Sodigaz à l’indépendance entrepreneuriale
Bien qu’il commence dans l’entreprise familiale, Jonas Daou ne se comporte pas en successeur, mais en intrapreneur.
Son premier grand projet entrepreneurial naît de la volonté de résoudre un problème critique : l’insécurité énergétique. Il prend les rênes de la division gazière et, brique après brique, il modernise les centres de remplissage. Mais son véritable saut dans l’entrepreneuriat pur survient lorsqu’il décide de diversifier les activités vers le pétrole et les services logistiques, créant ainsi les bases de ce qui deviendra une holding autonome.
L’apogée : la naissance de ZENER et sa réussite parfaite
En 2020, il franchit le rubicon. Il fonde ZENER, une marque qui symbolise l’aboutissement de sa vision. Ce n’est plus seulement du gaz, c’est un écosystème :
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Le Réseau Oasis : des stations-service modernes qui réinventent l’expérience client.
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Zener Solaire : une réponse concrète à la transition écologique.
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Expansion Régionale : sous sa direction, le groupe s’implante au Bénin et regarde vers le Ghana et le Burkina Faso.

La reconnaissance internationale : le sceau de l’excellence
La trajectoire de Jonas Daou ne pouvait rester confinée aux frontières nationales. Son leadership a été salué par ses pairs sur le continent et au-delà, transformant l’ingénieur togolais en une icône du business africain.
L’Entrepreneur Africain de l’Année
Le point culminant de cette reconnaissance survient en 2021, lorsqu’il reçoit le prestigieux prix de l’Entrepreneur de l’Année lors des African Business Leadership Awards. Ce prix ne récompensait pas seulement le chiffre d’affaires de Zener, mais surtout la capacité de Jonas Daou à maintenir une croissance résiliente en pleine période de crise sanitaire mondiale.
Un Leader d’opinion régional
La véritable reconnaissance d’un bâtisseur se mesure à la confiance que lui accordent ses pairs. En janvier 2022, le parcours de Jonas Daou franchit une étape institutionnelle majeure lorsqu’il est élu à la présidence de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET).
Cette élection ne fut pas une simple formalité, mais un plébiscite pour sa méthode. En prenant les rênes de l’organisation la plus influente du secteur privé togolais, Jonas Daou est passé du statut de capitaine d’industrie à celui de stratège de l’économie nationale.
Un mandat sous le signe de la transformation :
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Porte-voix du secteur privé : sous son impulsion, l’AGET est devenue un partenaire incontournable du gouvernement dans la définition des politiques économiques, plaidant sans relâche pour un climat des affaires plus attractif.
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Architecte du dialogue public-privé : il a su utiliser sa rigueur d’ingénieur pour structurer des échanges constructifs avec l’État, visant à réduire les barrières fiscales et logistiques qui freinent la croissance.
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Visionnaire de la ZLECAF : il a préparé les grandes entreprises togolaises aux défis de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, convaincu que le succès du Togo passe par une conquête audacieuse du marché régional.
Cette reconnaissance à la tête de l’AGET assoit définitivement Jonas Daou comme le « Patron des Patrons », un leader dont la sagesse et l’expertise technique servent désormais de boussole à l’ensemble du tissu industriel togolais.
Au-delà des trophées, son influence se mesure à son rôle au sein du Conseil National du Patronat (CNP) et de l’AGET. Il est devenu l’interlocuteur privilégié des institutions comme la Banque Mondiale ou la BOAD lorsqu’il s’agit de discuter de l’avenir énergétique de la sous-région.

La leçon de Jonas Daou
Le parcours de Jonas Daou enseigne que l’ingénierie n’est pas seulement un métier, c’est une manière de voir le monde. En partant d’une série C et d’un diplôme de Bac+5, il a prouvé que la maîtrise technique, alliée à une résilience face aux échecs de terrain, est la clé pour bâtir un empire qui survit aux générations.
Au-delà du succès éclatant de Zener, Jonas Daou nous rappelle que chaque grand empire commence par la maîtrise technique et la résilience face à l’échec.
Et vous, êtes-vous prêt à cultiver la rigueur nécessaire pour transformer vos propres obstacles en opportunités ?





